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Ahab - The Divinity Of Oceans

Ahab - The Divinity Of Oceans


Style : Nautik funeral doom metal

Liste de morceaux :

Yet another Raft of The Medusa (Pollard’s Weakness)
The Divinity of Oceans
O Father Sea 
Redemption Lost
Tombstone Carousal
Gnawing Bones (Coffin’s Lot)
Nickerson’s Theme

Chronique :

Le cœur de l’océan Pacifique. Au loin, couché dans l’eau, un navire. La surface aqueuse est tranquille. L’arpège lancinant et gracieux domine. Qui pourrait croire que, sous les débris, trois embarcations dérivent lentement, ignorantes de leur lendemain? L’air est inquiétant, la distorsion rentre : le nouvel album d’Ahab commence.
Ce décor perdu et magnifique est le travail inattendu d’un cachalot qui frappe le baleinier « Essex » en 1820 et qui oblige son équipage à survivre dans de terribles conditions. Au milieu de cette beauté désastreuse, Daniel Droste, accompagné de ses musiciens talentueux, chante la souffrance de ces hommes livrés à eux-mêmes. Illusions, désespoirs et horreurs se mêlent dans cette musique narrative. Une fois de plus Ahab ouvre son livre pour nous raconter à travers ses compositions oppressantes, mais toujours aussi magnifiques, l’histoire de marins égarés. Dès le premier morceau, l’ambiance est posée et le récit peut commencer.

Au milieu des flots, la soif, la faim et la peur de disparaître prennent place. Entre épuisement et colère de dépit, la voix se fait tantôt claire, désespérée mais prenante, tantôt gutturale, sombre mais aussi suffocante. Le soleil pèse, étouffant l’oxygène et desséchant les gorges. « The Divinity of Oceans » est invoquée… en vain… La musique aura beau offrir ses plus grands rayonnements et dégager de sa subtilité une force qui va au-delà vents et marées… rien… sinon l’eau qui miroite à l’horizon.
L’océan déploie un doux paysage lorsque nous l’observons assis tranquillement sur un rocher mais comme il se fait sauvage assis au fond d’une barque! Lorsque la loyauté humaine succombe aux flots, elle fait de nous des cannibales. Comme ces hommes abandonnés dans le nulle part, Ahab est affamé. Criant et poussant toujours plus loin ses riffs, moins agressifs qu’auparavant mais bien plus expressifs et enclins à l’émotion, le groupe parvient à rendre ses chansons vivantes. Chaque titre écouté est un chapitre écoulé, un homme de plus dévoré. Nous sentons les hommes perdre pieds, se lamenter, disparaître un à un. Les mélodies fines et enivrantes, les rythmiques saccadées assommantes, la batterie à la fois titanesque et subtile, les voix de plus en plus profondes, tout joue un rôle dans le concert des lamentations de ces hommes réduits à la démence. L’ensemble charge l’atmosphère d’une chaleur pesante où seuls quelques rayons viennent darder à travers l’amertume opaque de l’abandon.

Ahab ne compose pas, il écrit de la musique. Avec des notes, il fait des mots dessinant le fil d’une histoire.  Là où un écrivain utilise des centaines de pages, la formation allemande, en sept morceaux, nous livre à cœur ouvert le fond d’un récit.

Le cœur du Pacifique. Au loin, posé sur l’eau, trois embarcations. Sur la surface aqueuse, immobile, l’espèce humaine en péril et Ahab qui l’immortalise.

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Allemagne

Message #1056 sur Inwë[B]zine
Auteur :
lotus




Ecrit le 11.08.2009

Commentaires :
  • rkdestrukteur, le 11.08.2009

    Ce "Divinity of Oceans" est un bijoux, juste un mot pour le résumer: Emotions. Vraiment la musique D'Ahab inspire le voyage de l'esprit. Et puis, qu'elle production...ça laisse réveur.

    Bravo Lotus pour ta superbe chronique...comme toujours.



  • lotus, le 11.08.2009
    Merci RK! C'est clair, cet album est génial!




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