retour à la liste des Interviews

Darzamat - Interview de Flauros

Darzamat - Interview de Flauros


 

Darzamat a sorti fin août son nouvel album, Solfernus' Path, dont la chronique est dispo sur Inwë[b]zine. Du coup, le chanteur Rafal "Flauros" Goral a eu la gentillesse de répondre à quelques unes de mes questions. Le groupe polonais, encore peu connu en France est loin d'en être à son coup d'essai et gagne à être connu, aussi je vous les conseille vivement. A mettre entre toutes les oreilles.

Solfernus’path est sorti il y a quelques temps en France, c’est votre 5ème album mais Darzamat est quasiment inconnu de la masse dans notre pays. Pouvez-vous vous présenter et nous raconter l’histoire de Darzamat ?

Darzamat a été créé dans la dernière moitié des années 90. A cette époque, nous avions enregistré 2 choses : l’album In The Flames of Black Art et le MCD In the Opium of Black Veil. Ensuite, après un long break, on a réalisé un album qui fut le signal pour moi pour commencer à penser à des changements dans le groupe. L’album Oniriad fut un grand compromis entre les musiciens dont, naturellement, les avis divergeaient. L’année 2003 vit une véritable révolution dans les rangs du groupe et le résultat fut assez simple : de tous les musiciens de pré-2003, je suis le seul qui reste. Ceci impliqua un véritable changement de direction musicale, dans le fond et dans la forme. Je voulais rafraichir Darzamat, et cela impliquait de reformer le groupe dans son ensemble. Avant cela, il a été difficile pour moi de trouver un compromis avec le membre fondateur original, Simon. Nos visions de ce que nous voulions du groupe (musicalement parlant) étaient complètement différentes, nos priorités différaient. En 2003, j’avais même pensé à créer un nouveau projet, mais plusieurs personnes ont travaillé à me convaincre de continuer avec Darzamat. C’est pour cela que l’histoire de Darzamat tels que nous les connaissons maintenant commence vraiment en 2003. C’est ce line-up qui fut responsable de Semilidevilish, Transkarpatia et Solfernus’ Path, tout comme le DVD Live Profanity. Nous avons aussi commencé à jouer en live, ce que nous ne faisions pas avant. Avant c’était seulement un groupe « studio ».

Votre musique est décrite comme un mélange de symphonique, black metal et death metal. Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ? Comment définiriez-vous votre style ?

C’est très dur de classifier le style de Darzamat. Je pourrais dire dark metal, death/black metal avec des éléments de gothique. Ou encore symphonique/dark metal. Quoiqu’il en soit, ça ne voudrait pas dire grand chose. Je me demande souvent pourquoi les gens veulent à ce point classifier les choses, particulièrement ces temps-ci quand les groupes mélangent différents style avec succès. N’est-il pas mieux de séparer plutôt la musique qu’on aime et celle qui ne nous parle pas ?

J’ai lu que Solfernus’ Path était un concept album. Pourquoi ce choix d’album et quelle histoire nous raconte-t-il ?

C’était la première fois que nous enregistrions un tel album. Mais pour être honnête, nous y pensions depuis quelques temps déjà. Depuis ma jeunesse, je suis fasciné par les concepts album, notamment celui de King Diamond. Donc, c’était juste une question de temps.

Écrire une histoire cohérente, racontée par les paroles et la musique est un défi beaucoup plus intéressant que d’écrire 10 morceaux dans le même style… L’histoire qui se déroule et la musique sont deux éléments qui doivent avancer main dans la main. C’est, d’une certaine manière, comme un scénario de cinéma, créé pour attirer le public.

L’histoire racontée sur l’album prend place dans un univers mystique, inspiré par le manoir de la comtesse Josephine von Küchmeister. Inspiration également dérivée de deux endroits magnifiques de Silésie, à savoir la Caro Willa à Gliwice et le palais de Pawniowice. Le récit lui même tient place au début du 20e siècle. Le personnage principal est un jeune étudiant en médecine qui subit une transformation spirituelle. Il expérimente l’existence d’une monde incorporel et qu'il perçoit de l’autre côté. Toute l’histoire est imprégnée d’une atmosphère féérique, pleine de concepts occultes clés. Rien n’est évident, rien n’est prévisible. Naturellement, Solfernus n’est pas le héros, il est juste l’éminence grise. Ce personnage est respectueusement pompé d’une travail intitulé Playing with the Devil, écrit par le dramaturge tchèque Jan Drda . Et encore, c’est juste une inspiration, une impulsion, ce qui ne veut pas dire que nous avons copié le travail de Drda. En fait,  son jeu est grotesque et assez humoristique. Notre histoire, d’un autre côté, a un personnage totalement différent, plus proche des histoires d’horreur du polonais Stefan Grabinski que du dramaturge tchèque. Je tiens à en rester là car, d’une part, je ne veux pas gâcher le plaisir de l’écoute du CD alors que l’histoire est décrite dans le livret, d’autre part, je ne voudrais pas imposer ma vision et mon interprétation à qui que ce soit. Je préfère que chacun se fasse sa propre interprétation de l’histoire.

Où avez-vous trouvé l’inspiration pour cet album?

Pour les paroles, il semble que j’ai cherché l’inspiration du côté des albums de King Diamond. J’ai toujours aimé les histoires racontées par ce groupe, et la volonté de créer un concept album remonte à la première fois que j’ai écouté Abigail. Mais il faudrait un psychanalyste metalleux pour examiner cela (rires) !

Le morceau Lunar silhouette est un OVNI dans cet album. Il est calme, doux et expérimental. Est-ce que ce morceau est particulier pour vous ?

Tu as raison. Ce morceau est très spécial pour nous. Sa présence complète l’album et ajoute un peu de piment d’une certain manière (rires). D’un autre côté, tu pourras trouver des morceaux de ce genre dans chacun de nos albums précédents, par exemple : In Its Cobweb sur Semidevilish ou Letter form Hell sur Transkarpatia.

Quel est votre sentiment à propos de cet album, par rapport aux autres?

C’est vraiment difficile de faire la comparaison entre Solfernus' Path et les autres albums. Je sens qu’on a apporté une toute nouvelle qualité à notre musique. Le meilleur album dans l’histoire du groupe (rires). Je ne suis pas fan de ce genre de déclarations pompeuses, mais c’est difficile de ne pas admettre que chaque groupe veut faire plus fort d’un album à l'autre. De plus, nous nous sommes bien rendu compte que cet album a créé un véritable intérêt au sein des maisons de disque. C’est pourquoi nous avons pris un soin particulier pour écrire et enregistrer de la bonne musique, mais aussi de créer le meilleur son possible. Puis on a prêté également une grande attention au côté visuel, travaillant sur les photos et la jaquette du cd. Tous les détails de la musique, les arrangements et l’artwork, sont aussi rentrés en considération. Je suis sûr que, après s’être familiarisés avec l’album, les fans vont se dire que ça valait vraiment le coup d’attendre.

Vous avez fait quelques festivals cet été. Quel a été la réaction du public par rapport aux nouveaux morceaux?

Malheureusement nous n'avons pas fait tant de concerts que ça. Le nouvel album a été dévoilé le 28 août, ce qui est un problème assez important ici. Généralement, les nouvelles chansons ont reçu un très bel accueil. Après tout, Solfernus’ Path contient quelques morceaux qui déchirent vraiment en concert (rires). Nous espérons bien jouer beaucoup d’autres concerts l’été prochain et ce serait vraiment cool de jouer en France.

Justement, pouvons-nous espérer vous voir en France?

Nos expériences passées avec le public français furent vraiment fantastiques, alors nous sommes assez excités à l’idée de retourner dans votre pays pour y jouer. Nous venons juste de signer avec une agence allemande (Go Down Believing) et nous attendons impatiemment les résultats de cette nouvelle alliance. Nous croyons vraiment que, grâce à l’expérience de Allen Wright, nous allons avoir plus d’opportunités de concerts. Pour l’instant, en dehors de nos dates mexicaines, et l’apparition prévue au Metal Female Voices Fest, nous avons prévu de tourner en Pologne en février 2010. Les prochaines dates vont être bientôt annoncées (du moins, je l’espère).

C’est tout pour le moment. Les derniers mots sont pour vous, quelque chose de plus à rajouter?

Ouais, je dois ajouter que l’année prochaine, nous allons réaliser des albums avec nos projets parallèles. Notre chanteuse, avec une petite aide de la part de notre  compagnon Chris, prépare un album avec un nouveau projet appelé NeraNature. Nera a tenu à donner son nom à ce projet, qui sera plus proche du rock alternatif, dans l’esprit de The Gathering ou Katatonian, que du métal à proprement parler. Il y aura de belles harmonies et mélodies alors surveillez cela.

Quant à moi, je pense à exhumer mon vieux groupe oublié, Mastiphal. Nous avons déjà fait deux répétitions avec les gars et nous les avons remplies avec du méchant black’n’roll, alors vous pouvez vous attendre à de la bonne musique sans compromis.

Merci pour votre soutien, de votre intérêt pour Darzamat. J’espère vous voir un jour à un concert.

Stay Metal !!

 

Liens:

Chronique

Myspace

Label


Pologne

Message #1347 sur Inwë[B]zine
Auteur :
Elane





Ecrit le 09.11.2009
Note des lecteurs : 10/10 (1 notes)

Commentaires :
  • JLzeMAN, le 11.11.2009, 10/10

    Je kiff carrément cette interview que je relis dès que j'en ai l'occasion !

    Etre un groupe, dans une catégorie musicale que l'on peut soit définir large, voir unique prouve un travail artistique profond de la part du groupe, ce qui est évidemment bien démontré dans cette interview que je kiff vraiment ! Bisou





Ajouter un commentaire :

Pseudo
Message
Note :
Code à copier :




Le webzine Le forum Contact/Infos L'équipe
Copyright © 2007-2011 - Tous droits réservés
Agenda Concerts-Metal - Ticket2.live
se connecter