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Misanthrope - IrréméDIABLE

Misanthrope - IrréméDIABLE


Style: Death/Black métal

Liste des morceaux:

  • Les retourneurs de pierres
  • Phénakistiscope
  • Les limbes
  • Le passager du hasard
  • L'infinie violence des abîmes
  • Prodigalité
  • Le dandy de bohème
  • Fantasia artificielle
  • Le maudit et son spleen
  • Plaisirs saphiques
  • Névrose
  • 1857
  • Ixion
  • L'oracle de la déchéance
  • LXXXIV L'irréméDIABLE

Chronique:

Chanson coup de coeur : l'album entier puisqu'il forme un tout très homogène....

Misanthrope a toujours cherché (avec pas mal de réussite) à développer une image d'une classe certaine, à travers ses albums et ses concerts. IrréméDIABLE confirme la règle puisque le groupe décide de s'attaquer au monument Baudelaire, c'est à un concept-album auquel nous avons droit ici, un hommage vibrant et vivant à une référence dont nous apprenons bien peu au final lors de notre passage à l'école. Qu'importe, Misanthrope nous propose une piqûre de rappel mémorable.. Une fois n'est pas coutume dans le monde de la musique, il est ici important de s'arrêter sur les textes tellement ils sont travaillés. La préface de la pochette nous donne une double indication :

  • C'est à un vrai travail de fond que s'est attelé S.A.S de L'Argilière, les textes sont travaillés (que c'est agréable!!!), réfléchis, les mots sont ceux d'un passionné, bref notre chanteur s'est énormément investi dans cet album et enterre les quelques égarements de "Sex Sadistic Saemon" pour proposer une oeuvre aboutie.
  • Cette même préface est signée Bruno Gruel, l'ingé son, et par conséquent révélatrice d'une atmosphère idéale dans le processus d'enregistrement de l'album.

C'est donc la vie de l'auteur qui est ici retracée et le peu que l'on connaît en général de Baudelaire (Les fleurs du mal) est ici considérablement enrichi grâce à la plume inspirée de notre chanteur.

Petite analyse morceau par morceau, tranche de vie par tranche de vie....

Les retourneurs de pierres : La naissance et petite enfance de Baudelaire...le titre constitue aussi musicalement une belle intro à l'album, avec son rythme entraînant et bien plombé.

Phénakistiscope : autant le savoir il s'agit d'un chti jouet basé sur la persistence rétinienne et qui amuse bien les gosses...l'enfance insouciante s'évapore et Baudelaire se coltine son beau-père, qu'il va apprendre à haïr très intensément.

Les limbes : notre poète s'ennuie (c'est bien le seul ici), enfermé dans son collège bien trop strict pour son esprit, et il finit d'ailleurs par se faire virer; Encore et toujours, les textes sont servis sur un plateau d'argent, grâce à la musique technique, inspirée et ultra-carrée du groupe.

Le passager du Hasard : Pour remettre le poète dans le droit chemin, rien ne vaut un bel exil, pense à tort sa famille (en particulier son beau père, qui visiblement ne manque pas d'idées à la con).....une découverte du monde pour lui changer les idées, c'est loupé le voyage l'inspire plus qu'il ne le fait dévier de sa trajectoire... le tout est mis en musique, avec une  basse ultra présente et qui porte le morceau à elle toute seule...magistral

L'infinie violence des abimes : Le voyage ne se passe comme prévu....un des titres les plus violents de l'album "Les vagues mugissent, le typhon foudroie, combattant les éléments, les lames se creusent, des murailles d'eau surgissent, elles s'abattent hurlantes"

Prodigalité : on  lui fait couper les amarres, il répond en taillant dans sa fortune, jusqu'à être mis sous tutelle. La voix "plaintive" du chanteur se fait entendre sur tous les refrains, sur un air plus calme et très bien foutu.

Le dandy de bohème : le poète s'abandonne dans la vie parisienne.

Fantasia artificielle : participation très soutenue au "Club des Haschischins", celui du hasch et pas des assassins. "L'hyper sublime, le kif déraisonnable, et toujours le sourire ineffable des fondements du haschisch"

Le maudit et son spleen : coup de blues pour notre poète, au point de faire une tentative de suicide "Baudelaire plonge dans le malaise, d'une angoisse maussaderie, ce spleen, ce goût de rien, la détresse, urne mortuaire d'un grotesque exquis" alternance de passages lents/voix death avec des passages rapides/voix plaintive, encore du bon gout de la part du groupe!!!!

Plaisirs saphiques : tout est dans le titre, titre calme, planant avec une voix murmurée, lancinante...

Névrose : musique à l'image du titre, ça part dans tout les sens....et toujours bien.

1857 : année de la publication des fleurs du mal, considérations sur les fleurs du mal, et en musique s'il vous plait...

Ixion : du nom d'un homme pas si brave que ça condamné à la torture pour l'éternité...descente aux enfers du poète, qui tombe dans la grande misère...

L'oracle de la déchéance : la vie de Baudelaire touche à sa fin et il expire dans les bras de sa mère : titre d'une lourdeur et d'une lenteur extrême, à faire froid dans le dos.

LXXXIX L'irréméDIABLE : suite et fin de l'oeuvre de Misanthrope, voix murmurées et hurlées "Un phare ironique, infernal, Flambeau des grâces sataniques, Soulagement et gloire uniques, la conscience dans le mal"

Dur de résumer cet album de Misanthrope, si ce n'est de dire que la musique est à l'image des textes...complexe, mûrement réfléchie et pesée, inspirée, tous les ingrédients nécessaires pour en faire un album époustouflant et décalé par rapport au reste de la production...Boudiou que c'est bon...

Liens:

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France

Message #172 sur Inwë[B]zine
Auteur :
zeitoun




Ecrit le 10.06.2008

Commentaires :
  • francois06, le 29.06.2008
    Une belle chronique. merci Passé par le space de misanthrope avec qui nous ferons une mini tournée en novembre. françois de Nohellia




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