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Wedding in Hades - Stef, Vince et Dam

Wedding in Hades - Stef, Vince et Dam


 

 

 

 

C’est en faisant quelques recherches sur les groupes de Doom métal français que je suis tombé sur le myspace de Wedding in Hades. Le groupe a tout de suite su attirer ma curiosité et c’est aujourd’hui avec beaucoup de plaisir que j’ai appris leur signature chez Solitude Productions pour la sortie d’Elements of Disorder. Le groupe est maintenant sur les routes pour quelques dates et Dark Pimousse vient les importuner un peu pour avoir quelques nouvelles !!


Salut Wedding in Hades ! Question obligatoire, est-ce que vous pourriez présenter votre groupe ?

Stef (Basse & Chant) : Nous avons démarré fin 2006 à Saint-Brieuc sans idée précise sur l’orientation qu’allait prendre le groupe. Nous avons tous un background musical assez différent et varié, c’est la raison pour laquelle notre musique est assez inclassable. Elle intègre beaucoup d’éléments provenant du Doom-Death, du Gothic Rock, du Black Metal et je crois que tu avais même ajouté du Sympho dans ta précédente chronique.

Déjà avec la sortie de votre démo Wedding in Hades, les avis étaient unanimes quant à la qualité de votre musique. Le résultat est identique avec votre album Elements of Disorder, même avant sa sortie, quel est votre ressentiment face à cette reconnaissance ?

S : C’est toujours très agréable c’est certain. C’est toujours difficile d’avoir un jugement fiable sur ce que l’on fait, on a toujours l’impression de merder et de se dévaloriser. Ce sont justement ces retours très positifs de notre première démo qui nous ont poussé à persévérer et à nous améliorer. La signature sur le label nous a également filé un regain d’énergie incroyable et, sans vouloir faire de teasing, cela se ressentira sur le prochain album. Ce qui est très intéressant également, maintenant qu’on a un bon produit avec lequel dealer, c’est de recueillir les avis du public. L’autre jour, par exemple, j’échangeais sur Internet avec un transsexuel Américain qui m’expliquait avoir l’impression de faire l’amour avec le Diable à chaque écoute de notre musique… C’est génial de voir ce que notre travail peut susciter comme émotions chez autrui.

Expliquez-nous un peu comment naît un morceau de Wedding in Hades.

S : La majeure partie du temps j’apporte soit les bases principales, soit le morceau dans son intégralité. Pour d’autres titres, comme As You Die ou A Dark Sea, nous sommes partis des introductions au clavier d’Olivier et Damien a apporté tous les riffs de guitare suivants lors des répétitions. Vincent aussi apporte sa collaboration dans les arrangements et les structures, et parfois même sur le chant comme dans Doomed.  Tout est basé sur l’émotion et la spontanéité, il m’est arrivé de composer certains morceaux en moins de cinq minutes…

Le choix du style de musique est quelque peu original (Doom/Death) bien qu’il se démocratise de plus en plus. Comment ce style est venu à vous ?

S : Encore une fois par accident. J’ai un background plutôt Gothic Rock et Cold Wave donc il m’était normal de composer des titres assez lents. Comme Damien lui est très axé Black Metal, cette fusion a donné cet aspect Doom. Quant au chant, eh bien au départ je n’osais que growler car je n’avais jamais chanté et c’est aussi ce qui a accentué le côté Doom-Death. J’ai pour ma part découvert ce style lors d’un concert de My Dying Bride à La Loco en 1999 et ce fut une véritable révélation.

Dam (Guitare) : Nous avions tous en commun d’écouter My Dying Bride, si ce n’est Olivier. Ce qui est également commun à chaque membre du groupe, c’est d’avoir un goût prononcé pour les musiques et l’art ayant un coté sombre et dépressif. Ce sont les composantes principales du Doom, donc nous nous sommes naturellement orientés vers ce style même si rien n’était défini à la création du groupe.

Le premier sentiment qui me vient lorsque je vous écoute est la mélancolie. Quels sentiments vous inspirent lors de l’écriture d’un morceau ?

S : Nous sommes tous les quatre des individus assez torturés. La musique est pour moi un exutoire, une sorte de thérapie lors de laquelle j’évacue mes émotions. L’écriture des textes me permet également de livrer mes émotions, ils parlent souvent des choses profondes que je peux ressentir.

C’est aujourd’hui la consécration pour Wedding in Hades puisque vous avez enfin trouvé un label pour signer votre premier album. Je sais que la route fût longue et difficile, est-ce que tu peux nous expliquer un peu la galère des jeunes groupes à trouver un label ?

S : Bien je dirais au contraire que pour nous ce fut très rapide puisque nous avons commencé nos démarches en septembre et qu’un mois et demi plus tard nous avions le contrat dans les mains. Je sais que je ne vais pas me faire des amis, mais s’il y a bien un conseil que je pourrais donner aux groupes désireux de se faire signer, c’est déjà de ne pas gaspiller son temps auprès des labels français qui ne s’intéressent qu’aux groupes qui font du fric. Ils n’ont même pas la décence de te répondre et pourtant je doute fort qu’ils soient submergés par le nombre d’albums qu’ils sortent à l’année. Il faut aussi se méfier de ces labels qui tentent de t’arnaquer en voulant te faire payer la fabrication des CDs et te promettent en échange une communication massive. Dans la précipitation et l’euphorie on peut signer n’importe quoi, donc attention c’est au label de financer.

D : Nous avons effectivement eu de la chance, ce que je constate en général (pas qu’en France), c’est le nombre de très bons groupes qui restent sans label… C’est vraiment dommage, après je ne sais pas d’où vient le problème, est-ce qu’ils visent de trop gros labels ? Nous avons préféré démarcher des labels qui nous correspondaient et nous avons été très heureux de cette signature. Comme le disait Stef, nous avons vraiment une mauvaise image des labels français… pas la moindre réponse de leur part, contrairement à d’autres, qui malgré des refus nous ont adressé des messages de sympathie et ont pris le temps de jeter une oreille à notre musique.

Vince (Batterie): Souvent on se dit qu’on n’est pas dans le bon pays pour la musique qu’on joue, à posteriori, après avoir noué quelques contacts avec des groupes étrangers, on constate que vraiment en France nous ne sommes pas aidés…

Je pense pouvoir dire que la signature chez Solitude Productions (BadMoodMan Music) a été vécue comme un soulagement par le groupe. Pouvez-vous nous expliquer un peu comment vous avez reçu la nouvelle ?

S : Ce ne fut pas une surprise car Vincent était certain que ça marcherait avec eux… Plus sérieusement, ce fut une grande joie. Moi personnellement, j’étais un peu comme un gosse. De toute façon, si nos démarches n’avaient pas abouti, nous aurions vécu cela comme un véritable échec après tout ce que nous avions lu de positif à notre sujet. Je pense que le groupe n’aurait pas survécu car il n’était pas question de sortir l’album en auto-production.

V : J’étais persuadé que ce label nous signerait, vu l’activité qu’il déploie, le nombre de signatures dans une année, et surtout le fait que ce soit LE label de Doom par excellence, il me semblait évident qu’ils s’intéresseraient à nous, nous avons vraiment eu de la chance, car nous avons un bon contrat et ils respectent à la lettre leurs engagements ! Nous avons eu des propositions de la part d’autres labels étrangers, mais les conditions qu’ils nous proposaient étaient vraiment moins intéressantes, voire même assez comiques genre « tu payes tout et tu ne gagnes rien »…
S : Et effectivement : Solitude Productions… Pour nous c’était le niveau le plus haut que nous nous étions fixés !

Je sais aujourd’hui que le groupe recherche des dates pour quelques concerts et défendre Elements of Disorder sur scène. Comment cela se passe-t-il ? Est-ce aussi difficile de trouver des dates de concert que de trouver un label ?

S : Curieusement, je dirais qu’il est plus facile de trouver un label que des concerts. Il y a toujours moyen d’aller jouer dans le bar du coin (et encore…) mais on essaye de viser un peu plus haut. Honnêtement, malgré la signature, cela n’a rien changé. Les assos qui organisent ne s’intéressent pas à notre style. Soit c’est pas assez brutal, soit c’est trop bruyant. Je réalise aujourd’hui que si l’on veut se produire sur de belles scènes, et notamment à Paris, il faudrait qu’on finance tout, donc sous ces conditions on préfère rester chez nous. Même notre Bretagne nous évite. Que ce soient les festivals bretons qui ne veulent pas de nous ou notre M.J.C qui fait semblant de nous ignorer… je pense qu’il faut faire partie de leurs potes…

En parlant de concerts, comment réagit le public face à Elements of Disorder ?

S : Généralement on joue avec des groupes de Thrash ou de Black et cela se passe très bien. On vient souvent nous voir après le set en nous disant que ce qu’on fait est très original et très mélodique. On a beaucoup de remarques sur l’intérêt qu’apportent les claviers à notre musique. Et j’en reviens à ta question précédente, et toutes ces assos qui refusent catégoriquement de nous faire jouer parce que notre style est soi-disant trop calme ; elles se plantent. Le pire, c’est qu’elles s’arrêtent uniquement au style sans même écouter ce que l’on fait.

V : Pourtant nous avons un set vraiment très varié, mais comme on ne peut pas facilement nous mettre dans une case et bien on préfère faire jouer des groupes de punk ou de Thrash car là au moins c’est sans ambiguïté…

Que pensez-vous de la scène Doom métal française ? De grosses pointures existent déjà depuis quelques années (Ataraxie, Funeralium) et de nouveaux groupes arrivent en renfort (Children of Doom, The Bottle Doom Lazy Band). Est-ce que vous suivez un peu cette mouvance ?

S : Moi pour être franc pas du tout, je n’écoute pas spécialement de Doom ni ses dérivés. Je respecte bien entendu le travail de tous ces groupes mais je n’ai jamais vraiment attaché d’importance aux étiquettes non plus. Comme disait Kurt Weill : « Il n’y a que la bonne et la mauvaise musique. ». Je suis par contre l’évolution du groupe Fatum Elisum de Rouen qui, fort de sa signature sur le label Aeshetic Death, nous a permis d’y voir plus clair dans les contrats. Je les en remercie vraiment et en plus ils sont super sympas. Nous les avons d’ailleurs invités à partager un concert avec nous près de Rennes. Cela se passera le 09 octobre, donc notez ça sur vos calendriers.

D : Pour ma part, je m’intéresse assez peu à la scène française en général mais je dois avouer que la scène Doom est une des seules qui présente un intérêt, j’adore ce que fait Ataraxie et nous essayons de nous caler une date commune pour les mois à venir.

V : Avec tous les groupes Doom de qualité que nous avons en France on pourrait faire un putain de festival !!

S : C’est vrai ça. Allez l’asso Inwë, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! (nd Dark Pimousse : Alors ça, si c'est pas un message Président!!! :D )

Bon, un peu d’actualité maintenant. Sortie de l’album, série de concerts, est-ce que vous appréciez le moment présent sans vous soucier de l’avenir ou est-ce que vous vous êtes déjà remis au travail pour un prochain nouvel album ?

S : On essaye de faire un peu de communication mais nous travaillons surtout sur le futur album depuis déjà quelques mois. Les concerts viendront de façon épisodique. Nous avons fait l’erreur d’aborder l’enregistrement d’Elements of Disorder d’un point de vue « Live » sans nous soucier véritablement du potentiel que pouvait offrir le studio. Nos nouvelles compositions sont bien plus riches en arrangements guitare, en ambiances et en travail sur les voix. Tout ceci est difficile à reproduire sur scène mais nous préférons axer notre travail sur du concret, à savoir l’album plutôt que sur d’hypothétiques dates de concert.

V : C’est vrai que ce ne sont pas les concerts qui nous prennent du temps, donc oui le prochain album sera bien plus abouti que le premier, nous mettrons à profit l’expérience engrangée pour Elements of disorder afin que nos idées prennent vie en studio.

Je vous remercie pour votre patience et pour le temps que vous m’avez consacré. Je vous laisse le mot de la fin !

Dans un premier temps nous souhaitons remercier toute l’équipe d’Inwë[b]zine qui nous soutient depuis quelques mois maintenant, ainsi que tous ceux qui nous ont aidés ou fait confiance depuis le début, ils se reconnaîtront !

 


rgion : Bretagne
France

Message #1846 sur Inw[B]zine
Auteur :
dark.pimousse




Ecrit le 10.03.2010


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