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Interview de Roman Rouzine (26/11/10, par mail)

Interview de Roman Rouzine (26/11/10, par mail)


Interview de Roman Rouzine (26/11/10)

 

                                     

 

Roman Rouzine fait partie de cette nouvelle génération de guitaristes qui ont décidé de livrer une musique certes axée sur la technique de l’instrument mais également de développer des ambiances pour développer un peu plus le coté émotionnel de leur musique. Voici donc une interview pour découvrir ce personnage !

 

Salut Roman ! Petite question habituelle mais néanmoins nécessaire ! Peux-tu te présenter ainsi que ton parcours musical ?

Je m’appelle donc Roman Rouzine, j’ai 21 ans, je suis originaire d’Ukraine et j’habite la ville de Tours (37). Ma rencontre avec la musique commence à l’adolescence de manière tout à fait banale. J’ai commencé un peu comme tous les copains à écouter du rock et à me laisser pousser les cheveux. Pour l’occasion on m’a offert une première guitare électrique à 16 ans.

J’ai rapidement intégré un petit groupe de rock très amateur avec des gens aussi débutants que moi à l’époque. J’ai ensuite joué dans mon premier « vrai » groupe de Death Metal Symphonique, Witherless, avec lequel j’ai fait quelques scènes et sorti un EP qui n’a pas eu de suite, ni de réel succès.

C’est réellement à 19 ans que j’ai décidé de me professionnaliser et j’ai donc intégré l’école de musiques actuelles « Tous en Scène » dans ma ville. C’est une école très réputée qui dépasse le statut de la petite école de quartier. La formation y a été intensive et très enrichissante, avec une vraie remise en question sur mon niveau, mes envies et la réalité du milieu. J’en suis sorti diplômé haut la main et avec un bagage intéressant pour entamer une première année d’application de tout ce que j’ai pu voir pendant cette formation.

Durant toute cette période j’ai sorti un premier essaie de 8 titres très amateur et un EP de 5 titre intitulé Utopia.

Aujourd’hui je suis passé professionnel par l’enseignement et j’y prends un réel plaisir.

J’enseigne la guitare dans les écoles « Tous en Scène » et le CMTN à Tours.

 

Tu viens de sortir un nouveau cd, The Tragic Circle. Avant d’aborder cet album peux-tu me dire avec le recul ce que tu penses de tes anciennes productions ? Qu’est-ce que tu souhaiterais changer par exemple ?

Alors je ne prends pas en considération ce que j’ai pu sortir avant l’EP Utopia car on ne pouvait pas réellement parler d’une production, mais plus d’un essai d’ado. Donc pour en revenir à mon précèdent EP, je pense que la production laisse à désirer. Mais en dehors de l’aspect technique/informatique, j’ai, je pense, oublié l’essentiel, à savoir le travail de la note. Les morceaux vont vite mais mon vibré n’était pas du tout travaillé et le jeu au médiator manquait cruellement d’intensité. C’est donc un EP qui manque de maturité et où j’ai plutôt cherché à prouver tant aux autres qu’à moi-même que je savais jouer de la guitare ou plutôt que j'étais capable de voler de mes propres ailes sans devoir m'accrocher à un groupe.

 

Mais quelque part ces erreurs sont normales et je pense qu’il faut en passer par là aussi. On ne peut pas à 19 ans avoir le recul et la maturité musicale d’un artiste qui en a le double…

 

Ta musique évolue maintenant en trio, cependant tu gardes comme nom d’artiste pour ton projet ton nom et prénom, Roman Rouzine. Pourquoi ne pas choisir un nom de groupe ?

Oui c’est une question qu’on me pose souvent. Alors tout d’abord il n’y a aucune forme de prétention là-dedans. En réalité mon trio porte un nom, à savoir Roman Rouzine – The Tria. Mais il faut garder en tête que ce projet est avant tout le projet d’un seul homme, c’est un projet solo. Donc appeler ce trio avec un nom de groupe « standard » n’aurait pas de sens. Ce que je présente au public, c’est ma musique, mes compositions, mon univers, j’en prends donc la totale responsabilité. Mais attention, nous travaillons au final comme un « vrai » groupe, chacun peut parler et ce que je propose doit plaire aux autres musiciens pour qu'ils continuent à me suivre. Je ne suis donc pas un leader tyrannique qui gère ses troupes, mais un leader artistique qui gère sa musique.

C’est ce que je voulais en me lançant dans ce projet, à savoir, garder une totale liberté artistique sans avoir à rendre de compte à quiconque. Ma seule et unique prétention en affichant mon nom est d’assumer mes choix artistiques.

De plus les frères de musique et frères de cœur qui m’accompagnent (Quentin Regnault et Karim Garcia Alvarez) ont accepté le « contrat » dès le début et pour le moment tout le monde y trouve son bonheur.

 

Maintenant place à ton nouveau cd ! The Tragic Circle vient de sortir, comment s’est déroulée son élaboration ?

Son élaboration fut justement des plus tragiques ! Il y a cinq titres sur cet EP, j’ai mis un peu plus d’un an à composer les morceaux, les enregistrer, mixer et « masteriser ». 

Pendant cette période de composition j’ai connu des moments très difficiles dans ma vie personnelle, ça a énormément influé sur les ambiances, sur ce que je voulais transmettre et la manière dont je voulais le transmettre, le titre n'est d'ailleurs pas choisi au hasard. L’idée n’était plus pour moi de montrer que je savais jouer de la guitare à toute allure, ce fut même le dernier de mes soucis. Ma seule et unique volonté a été de faire une musique personnelle, une sorte de reflet de ma vie à un moment donné.

Dans la pratique je travaille dans mon home studio, je n’ai pas réellement de méthode de composition, souvent je vais avoir une idée en pleine nuit, je vais me lever, allumer l’ordinateur et commencer à jouer quelques parties de clavier. Je n’utilise même que très rarement la guitare pour composer, ça évite de rentrer dans des plans de guitariste.

La plus grosse partie a été de composer les batteries et les orchestrations, environ sept mois de travail. Les guitares ont été réalisées très rapidement, à peine trois jours pour les rythmiques et peut-être trois semaines pour les soli. J’ai rencontré Karim pendant les enregistrements, il a appris les morceaux en trois jours et est venu chez moi faire les prises au moins aussi vite.

J’en reviens rapidement à la batterie, elle n'a pas été enregistrée, pour la simple et bonne raison que je n’avais absolument pas le budget pour louer les services d’un studio. Avec Quentin nous avons donc refait l’intégralité des batteries avec l’outil informatique, on a dû y passer plus d’une cinquantaine d’heures. En effet, Quentin a tenté de retranscrire au plus proche ce qu’il joue en live. On a dû ensuite passer un temps fou au mixage de la batterie pour travailler sur les vélocités et atténuer au maximum l’effet « programmé ». Evidement le résultat ne vaut pas celui d’une vraie prise studio, mais on est plutôt ravi d’avoir quelque chose de mi-machine mi-vivant.

Le mixage final a pris environ un mois dans mon home studio avec tous les problèmes d’écoute et de recul que cela pose.

 

Quels ont été les premiers retours de ce nouvel Ep ?

Dans ce style, en règle générale, on n’attend pas forcément beaucoup d’enthousiasme pour ce que l’on présente, car finalement c’est un peu caricaturé comme « une musique pour musiciens » voir pire « une musique de bra...... ».

Mais j’ai été très surpris car j’ai au final eu beaucoup de commandes et des retours très positifs d’un public très large et pas forcément métalleux ou amateur de guitares techniques. Et finalement, des retours que j’ai pu avoir en dehors des compliments sur le jeu de guitare, j’ai surtout, et pour mon plus grand bonheur, eu des compliments pour les compositions, les orchestrations et les ambiances. C’est finalement ce que j’attendais car je ne me considère pas vraiment comme une métalleux, encore moins comme un guitar-hero mais plutôt comme un musicien qui joue de la guitare métalisée (^^).

Je dirais donc que les premiers retours ont été concluants.

 

On sent dans ta musique une certaine volonté à ne pas faire uniquement une musique de guitar héro, on a souvent l’emploi de gros riffs assez « catchy » propres à certains genres extrêmes. C’est un point important pour toi de privilégier une grande part d’efficacité musicale ?

Oui comme je le disais précédemment, je n’ai pas voulu faire de démonstration technique car je n’ai pas la prétention de démontrer quoique ce soit de particulier techniquement avec mon instrument.

Les passages véloces à la guitare sont là évidement, mais ils sont là car j’ai estimé qu’artistiquement parlant ils avaient leur place à ces moments. Il y a donc comme tu le soulignes, beaucoup de riffs, parfois propres au metal extrême, ça fait également partie de la musique que j’aime. De plus je joue sur une guitare 7 cordes, un instrument polyvalent qui permet beaucoup de chose rythmiquement. Mais les batteurs et moins batteurs ont peut-être remarqué que les patterns de batterie ont été travaillés pour s’affirmer et proposer quelque chose d’original et pas seulement un accompagnement rythmique.

 

Parle-nous un peu de Frank Graziano présent en guest star sur cet ep !

J’ai rencontré Franck (du groupe Poppystreet) en colo rock (VMSF) où l’on travaillait dans la même équipe. Très rapidement on s’est lié d’amitié. Et il se trouve que c’est également un guitariste monstrueux ! Il m’a donc proposé de mettre un peu de lui sur cet EP, j’ai accepté sans hésiter pour l’ami et le musicien de talent que c’est. Il a enregistré son solo (sur le morceau Dystopia) cet été en colo entre deux déguisements et je pense qu’il n’y a pas grand-chose à redire sur sa prestation, c’est en tout cas mon avis.

Les abonnées du magazine Guitar Part doivent déjà le connaître, c’est le rigolo aux mille et une perruques qui joue monstrueusement bien TOUT !

Il est également l’auteur d’une méthode de guitare pour débutants Devenez Guitariste, ainsi que des songbooks des maîtres Patrick Rondat et Christophe Godin… rien que ça…

 

Avec quels musiciens aimerais-tu faire un guest sur un prochain disque ?

Sans aucune hésitation Patrick Rondat et Stephan Forté. Ce sont mes maîtres absolus et je suis comme un gamin devant chacune des notes qu’ils produisent.

Mais je voudrais également voir pour un guest au piano… quelque chose de virtuose et de sensible avec une vraie interprétation classique.

 

Ta musique utilise beaucoup de clavier, comme le groupe Adagio. Souhaites-tu plus tard enregistrer par exemple avec un quatuor à cordes ?

Ce serait formidable en effet, si un jour j’en ai la possibilité je n’hésiterais pas une seconde ! Cependant, tout cela a un prix et je doute fort que pour des productions instrumentales à mon échelle je puisse un jour avoir ce plaisir. Mais il est clair que remplacer des machines par des humains donne une tout autre dimension à la musique…

 

As-tu déjà songé à placer du chant sur ta musique ?

Absolument pas et je n’y pense pas, ce n’est pas une musique écrite et pensée pour un chant à l’exception près des chœurs. Cependant, j’intégrerais volontiers un chant sous forme d’arrangement avec une ambiance orientale et arabisante, mais l’espace d’un instant seulement.

Si je devais faire une musique chantée, ce serait avec un autre projet.

 

Actuellement tu es professeur de guitare, tu as évolué très rapidement sur ton instrument, quels conseils donnerais-tu à de jeunes musiciens qui voudraient passer professionnels ?

Alors c’est un peu difficile de donner des conseils sur la marche à suivre à des jeunes musiciens alors que je suis au moins aussi jeune.

Il faut cependant déjà dans un premier temps savoir ce que l’on veut faire en musique et en connaître la réalité. Devenir musicien de studio ne demande pas le même travail que pour un musicien de groupe live.

Une fois l’objectif en tête il faut fournir un travail monstrueux. Il n’y a pas de secret là-dessus, il faut bosser son instrument tous les jours, sa théorie, son oreille, sa créativité et sa personnalité.

En étant jeune on n’a pas ou très peu de personnalité musicale, on passe un peu notre temps à copier nos idoles et c’est normal. Cependant, j’estime que se filmer en train de jouer du Satriani sur Youtube est une perte de temps inutile, c’est mon avis. Même si la prestation est intéressante on préfèrera toujours aller écouter l’original… Il faut proposer un projet personnel qu’il soit bon ou pas.

Ensuite je dirais qu’il faut rester humble, prendre du recul et se remettre en permanence en question.

Concrètement un musicien professionnel ce n’est pas forcément un musicien hors norme, c’est avant tout un musicien qui vit de sa musique, que ce soit par le live, le studio, l’enseignement ou les trois.

Et évidement le facteur chance est quand même là…

 

Dernièrement quels ont été les musiciens, artistes ou groupes qui t’ont interpellé ?

J’ai découvert il y a quelque mois de cela le groupe de metal progressif Myrath, ils sont produits par Kevin Codfert du groupe Adagio. C’est un groupe tunisien monstrueux et original qui donne un souffle d’air frais dans le style. Vous ne pouvez pas ne pas aller les écouter !

 

Avant de terminer cette interview y a-t-il une question que je ne t’ai pas posée et que tu aurais voulu voir ?

Je vais parler rapidement de mes projets.

Pas mal de dates avec le trio vont arriver, pour le moment principalement à Tours, mais on cherche des plans un peu partout en France.

Vous pouvez retrouver toutes les dates sur mon myspace : www.myspace.com/rouzineroman

Je pense aussi enregistrer un album 9 titres pour fin 2011 si les choses s’y prêtent, avec une grosse production.

 Et enfin, je recherche des endorsements !

 

Je te laisse le mot de la fin !

Merci pour cette interview, cette chronique (que je n’ai pas encore sous les yeux, alors je vais y aller doucement sur les remerciements XD) et pour le soutien des nombreuses personnes qui m’entourent.

Merci Inwë[B]zine !!!

 

 

Liens :

Myspace

Chronique de The Tragic Circle



Message #2428 sur Inwë[B]zine
Auteur :
The Chamois




Ecrit le 13.12.2010


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