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Guillaume Pingard - The Theatralisation Of The Missing Part

Guillaume Pingard - The Theatralisation Of The Missing Part


Style : Ambient/Metal/Hard Rock


Traclist:

CD1:

1. The Theatralisation Of The Missing Part

2. Desillusion

3. It Was The Only Way To…Part I

4. Love…This Second

CD2:

5. TakTik

6. NF²

7. It Was The Only Way To…Part II

8. Why Do We Need Answers !?

9. 00 01

 


 

Chronique :

De tout temps, le nouveau a toujours dérangé ; et aujourd’hui ne fait pas exception. Mais nous sommes arrivés dans une ère où le modernisme devient une compétition, où la liberté artistique n’a (presque) plus de limites. L’avantage, c’est que ça fait parler ! Et pour cause…Innover aujourd’hui devient un luxe, surtout dans le monde de la musique (en général). Mais il existe encore des gens qui passent outre la mentalité de cette société conformiste et introvertie ; on les appelle des Artistes. Ce sont ceux qui savent prendre la liberté d’exprimer tout ce qu’ils peuvent exprimer, mais à leur unique manière. Ce sont ceux qui osent. Et si on y réfléchit, les plus grands artistes de tous les temps ont été persécutés pour leur audace ; mais leur postérité vaut de l’or. Pour entrer enfin dans le vif du sujet, de l’or, en voilà : un double album de musique instrumentale, autant originale que déjantée, qui révèle un univers singulier, non sans talent.

Après nous avoir fait l’honneur d’un album blindé d’émotions (« cascadien » dit Rémi Gruber, ingé son de l’album), GUILLAUME PINGARD revient avec force et puissance en ce début d’année, avec un nouvel opus aux sonorités plus sombres que le précédent, et plus déjantées encore ! Autodidacte et insomniaque, il débarque dans le monde de la musique sur les traces de Becker, Vai, Page… Mais l’artiste ne s’arrête pas là car, en plus de nous offrir de la musique (Sa musique), l’album contient des jeux et des vidéos didactiques ! A noter aussi le travail énorme de Mathieu Catez, que j’admire beaucoup pour ses graphismes. A priori, entre ça et le mixage, l’artiste sait s’entourer des meilleurs…Ca s’annonce bien.

 

Alors, que nous dit cet album… Globalement, il exprime une vraie frénésie, où les instruments ont toujours quelque chose à dire et ne se reposent jamais. C’est la curieuse impression que me donne cet opus : il nous parle ! On est balancé entre une course contre la montre, des mélodies enivrantes, des repos mélancoliques…et tout ça crée un nombre infini d’émotions, adaptables selon l’humeur : il peut nous irriter autant que nous réveiller, nous fatiguer autant que nous émerveiller.

On entre sur de l’inquiétude et de la douceur. Le titre éponyme, qui ne dure pas moins de douze minutes, nous amène le décor en quelques secondes : des pas qui s’approchent, des battements de cœur qui s’amplifient, un hurlement…Une superbe intro recoupe l’ambiance, mais se retrouve vite talonnée par la puissance des riffs qui suivent. D’entrée de jeu, on est déjà soumis aux nombreuses émotions qui composent cet album : puissance, beauté, folie, angoisse, frénésie… Les pistes de guitares s’enchaînent tour à tour en traînant dans des aigus vifs et éloquents. On retrouve une structure en parallèle puisqu’à nouveau, un cri se fait entendre et on repart sur les riffs énergiques du début. A plusieurs reprises, la guitare monte encore et toujours dans les aigus, pour atteindre son paroxysme orgasmique, dont la technique ne noie pas la beauté, et nous envoie un moment de pure intensité. Le titre se conclut sur la basse, comme pour apporter du repos et une part de mystère…

Sur Desillusion, on retrouve cette intensité grâce à sa vivacité. La basse est travaillée de façon à créer une sorte de vertige, ce qui nous plonge dans une certaine inquiétude. On rencontre beaucoup de sonorités différentes, rendant ce titre très riche (pas beaucoup plus que les autres, certes), et l’enchaînement d’instruments lui confère une superbe ampleur. Après avoir été transporté dans une folie grandissante, on se trouve face à un passage tourmenté, entre calme et intrusions acerbes de la guitare. Mais la folie se répète : le titre reste structuré pour se terminer comme il a commencé.

L’inquiétude se poursuit et tourne à l’angoisse avec It Was The Only Way To…Part I, soutenue par une arythmie… rythmée (oui, ici, on aime les contrastes !) et quelques samples indescriptibles sur une intro assez longue. D’ailleurs à ce compte, je ne sais plus trop si avec Guillaume il faut vraiment parler d’intro. Rejoint par la guitare par la suite, on reste sur un rythme particulier et des notes fantomatiques à en devenir déconcertantes, puis un jeu sur les cordes réellement intéressant, crissements, effets ou autres. Bref, les dièses et les bémols s’enchaînent pour garder le ton, la basse remonte pour apporter de la lourdeur : l’ambiance est parfaitement maîtrisée. Le tout repart pour prendre de plus en plus d’ampleur, car, ici, l’apaisement ne dure jamais longtemps : la folie revient au grand galop avec une vigoureuse polyphonie. Une fois démarré, le titre reste sur une allure vive et massive à la fois, accompagné par la basse qui a bien son mot à dire. Un arrêt, on pense à la fin ; non : la démence reprend. Finalement, le titre se termine de manière un peu impromptue en nous laissant plantés là.

Love…This second arrive sur très belle intro entraînante, couverte rapidement par un passage difficile à apprécier au premier abord par son côté cacophonique. Mais il n’en est rien : la suite promet puissance et on ne peut s’empêcher de fermer les yeux face à cette intensité, créée par une rythmique pesante et une ligne solo prenante. Ca s’alourdit encore, se calme… ça nous intrigue et nous enivre, puis on repart dans le même esprit ; petit regret perso sur l’accélération de la batterie qui ne me semble pas appropriée à mon goût…Mais ici, rien et tout est approprié : rappelez-vous, nous n’avons pas de règles ! Ce n’est qu’un détail, car la fin du titre se reprend et les dissonances ajoutées sont indispensables pour y apporter la touche d’intensité. La conclusion est un écho à l’intro : abandonné au fur et à mesure par la basse, on reste sur de l’élégance et une douce mélancolie.

Un souffle musical…quelques notes…un esprit très mystique et intriguant…une guitare prend la tête et semble nous parler : TikTak. Ce titre est une vraie mine d’or, une course contre la montre, c’est sur lui que reposent, selon moi, toutes les émotions de cet album. Le terme « beauté » n’est pas approprié, mais une fois de plus, on peut parler d’intensité, malgré le calme reposant du titre…J’offre une mention spéciale pour cette très longue intro (intro ?) dans laquelle dialoguent angoisse et espoir : le message passe sans encontre… « Luxe, calme et volupté ». Mais comme pour les autres titres, l’artiste ne s’arrête pas là, car le temps nous rattrape et on redevient submergé : on croit passer à un autre titre… mais non ! Notre artiste aime la longueur et a bien trop de choses à dire. La pièce est d’autant plus originale qu’on rencontre une sonorité unique, très courte, rythmée de façon un peu « jazzie ». Comme avec Love…This Second, la conclusion est brutale, à l’inverse de l’intro.

La transition s’opère avec NF² : la basse nous charme d’une splendide intro, chose bien trop peu entendue dans notre monde musical actuel (la basse est un instrument souvent oublié que j’apprécie particulièrement). Celle-ci restera d’ailleurs très parlante sur ce titre ; là encore, on oscille, soumis par la richesse, maltraité par les changements de rythmes, et extasié par la technique et l’esthétisme que celle-ci nous offre. Les notes finales dialoguent et courent sur le manche en s’accélérant.

It Was The Only Way to…Part II; intriguant, une fois de plus…ce titre fait écho à It Was The Only Way To…Part I, mais en est-il vraiment une suite? L’intro est longue et pesante, mais nous amène sur quelques notes qui se traînent et se maintiennent en se répétant inlassablement ; et si, jusque là, la puissance était présente, ici on se sent comme impuissant, face à quoi…la fatalité ? Par-dessus cette suite de notes conductrices, un solo va difficilement chercher dans les aigus, comme une douleur qui résiste…Le titre reste plusieurs minutes sur ce calme maussade, mais bien sûr, la puissance revient, pour arriver sur une fretless qui amène un peu plus de mystère (il semble que la basse a décidément bien sa place dans cet opus) et un magnifique passage technique et véhément.

Why Do We Need Answers ? : titre dont le nom en suit curieusement un inachevé, duquel les questions émergent. Première curiosité : on rencontre du texte…Mais vous l’avez compris maintenant, l’artiste a créé ses propres normes : et ici, le texte est disposé… à l’envers. Dans ce morceau, c’est la démence qui domine : cacophonie, polyphonie, intrusions, surenchère d’éléments, tout y est…quoi dire de plus, si ce n’est qu’on est à nouveau secoué par les changements de rythme, les ambiances et les émotions multiples qu’on y rencontre. Techniquement, c’est aussi varié qu’intéressant : fretless, effets, crissements, enchaînements,etc. J’ajoute un petit accent à la fin de ce titre que je trouve particulièrement harmonieuse.

Pour clôturer l’album, 00 01 : mon plus grand coup de cœur. Ce titre dans lequel, une fois de plus, la beauté et le mystère opèrent, me touche particulièrement. Introduit par des bruitages inquiétants, la compo nous envahit par un moment de sérénité et de  mystère grâce à la basse (encore !). Puis le reste arrive au fur et à mesure, et il devient difficile de ne pas se laisser transporter par l’intensité naissante. L’artiste sait faire grandir l’ampleur, en ajoutant chaque élément progressivement, avec équilibre et passion. C’est peut-être le titre que je trouve le plus agréable à l’oreille, sans être forcément le moins effréné : les notes s’enchaînent et nous noient autant que l’émotion. Les effets choisis ne sont pas de trop et tiennent leur place à merveille. Pourtant, il est assez bref par rapport aux autres titres. On retrouve à nouveau les battements de cœur, la porte qui claque et des pas qui s’éloignent : la boucle est bouclée.

 

Impossible de faire ici le détail exhaustif devant une telle richesse. Cet album s’écoute, se réécoute, cent fois, mille fois, encore et encore : on le redécouvre à chaque fois. Le casque est un bon remède pour la découverte de certaines subtilités, notamment le travail des lignes et des dialogues entre les guitares. Malgré la polyrythmie, on garde un ensemble structuré et certainement codé (« les titres sont un indice »… !), qui a des choses innombrables à faire passer à qui s’y laisse prendre volontiers. Ajoutez-y un pur batteur, et je n’ose dire le résultat qui frôlera la perfection. En effet, j’en arrive là au seul défaut que je pourrais trouver aux compositions ; le manque de force d’une batterie. Mais on parle d’un guitariste là ; et il me semble d’ailleurs que celui-ci cherche des musiciens qui puissent apporter leur expérience dans leur domaine. Du reste, je ne m’estimerais comblée que lorsque j’aurais la chance de voir et entendre tout ça sur scène ; officiant dans un groupe de Death harmonique et technique nommé SentencE, Guillaume a prouvé qu’il maîtrisait et savait envahir la scène. Avec lui, la musique ne dort jamais ! Pour conclure, écouter Thea’, c’est se rappeler que l’esprit humain n’a pas de limites pour créer de tels chef-d’œuvres. Et si ce n’est pas un style accessible à tout le monde de par sa complexité, il faut tout de même reconnaître qu’un tel génie mérite le plus grand respect. En effet, dois-je vous rappeler que ce projet est l’œuvre d’un seul homme ? Certains ont les idées, d’autres ont le talent ; d’autres encore détiennent les deux. Si Guillaume a su suivre la trace des Grands Maîtres, je parierais mon or que d’autres suivront ses traces et qu’il deviendra un Maître à son tour, s’il n’en est pas déjà un…mais ça nous ne le savons pas encore…

 

 

Liens :

Myspace

Chronique du premier album : Cascadia

Interview écrite pour Cascadia

Interview filmée pour Cascadia


rgion : Ile-de-France
France

Message #2590 sur Inw[B]zine
Auteur :
Abrahel





Ecrit le 16.04.2011
Note des lecteurs : 8/10 (4 notes)

Commentaires :
  • Diana, le 18.04.2011, 10/10

    Ne paries pas l'or que tu n'as pas !

    Etre un guitariste de génie, c'est avant tout jouer avec d'autres génies et sur tous les styles. Satriani, Steeve Vaï, Malmsteen, Steeve Ray Voghan ont de loin prouvé leur génie en s'executant sur multiples styles et multiples projets solos voir en Guest.
    Nous sommes en France, dans ce doux pays qui a beaucoup de talents, de génies, il y a Patrcik Rondat qui a été produit par Jean Michel Jarre et a su même se mettre en valeur avec un excellent pianiste de musique classique... Guillaume a encore beaucoup de route à faire. Avoir du talent c'est déjà se mettre un super cursus dans la poche, le prouver, en vivre, le faire valoir, c'est une longue route pas impossible si le MONSIEUR décidait d'aller ENFIN briller avec des personnes de sa trempe, ce que je ne doute pas du tout si les personnes de son entourage de MANAGEMENT, de production savent QUI contacter et SACHENT répondrent présent pour mieux le valoriser. Le monde des guitaristes solistes est bien plus terrible que celui des groupes car les exigences artistiques y sont énormes, il ne suffit pas d'un titre sur un album, c'est tout le contenu de celui ci qui ne forme qu'un seul chef d'oeuvre.

    Cet album est une réussite, c'est sur ! Mais les regards sont encore perplexes pour "demain", Guillaume pingard tout seul c'est bien mais avec d'autres pointures ?

    Je laisse sa production ou management y réflechir !

    On peut prendre son temps, mais le temps ne nous attendra pas...



  • JLzeMAN, le 18.04.2011, 10/10

    Il y a celles et ceux qui critiquent, émettent des avis, défoncent ou encouragent et il y a celles et ceux qui NE FONT RIEN !

    Les plus malchanceu(es)x dans cette histoire sont les zicos et le artistes... OUI en France il y a des talents... Combien d'entre eux sont mort dans le plus strict anonymat ?? la plus strcite indifférence ? Parlons du cas de Didier Bernoussi... Vous savez pas ? c'est celui qui composa une chanson qui fit le tour du monde sans que l'on s'en appercoive car admettre qu'un zicos ou artiste bien de chez nous éclate les "charts" c'est INCONCEVABLE ! Mais que faut-il en France pour percer ... du talent ? NON ! Une belle gueule ? Peut être ! être un "bon coups" au pieux ? Ca peut faire vivre ! Mais il faut se prouver loin de nos frontières en effet je l'admet... Mais qui peut emmener un artiste au delà de son pays ??? Une belle gueule ? un "bon coups au pieux" ? le talent ?? NON !! Il faut des gens sérieux qui sauront proposer cette personne à des gens qui le reconnaitront et lui apprendront ce que c'est que le show bisness et toutes les ficelles pour y survivre et y être reconnu !!!

    Je ne possède pas cette album !! Je connais l'homme, ce qu'il peut faire et ça me suffit !!



  • Lotus, le 19.04.2011

    J'aurais pas mieux dit JL ! ;)



  • Lotus, le 19.04.2011

    Si, j'aurais ajouté un truc... la chro de Wiwige bute :)



  • Abrahel, le 21.04.2011

    Ma naïveté apparente n'est qu'une stratégie.



  • JLzeMAN, le 22.04.2011, 10/10

    Ils / elles - sont un paquet de personnes que l'on nomme "artistes de talent" dans bien des domaines artistiques...

    Pour le cas de la musique et du Métal en "particulier"... J'ai très peur depuis bien longtemps qu'il ne suffit plus d'avoir du talent pour "sortir", mais un carnet de "relations" entre petits fours, coktail, fellations et sodomies en tout genres pour espérer vivre de sa musique... Un moyen sur pour échapper à tout ça... Aller jouer ailleurs que dans ce cadre !!!

    Faut pas me raconter qu'avec tous les moyens de communications de nos jours (avec Internet) un artiste Métal n'arrive pas à poser ses fesses ailleurs avec des personnes de "bonnes" compagnie si la raison principale est qu'il n'y a personne qui a les couilles de s'investir beaucoup plus au niveau de son temps + relation ship... et oui !! ce n'est pas derrière un clavier qu'on fait TOUT, il faut aussi aller sur le """terrain""... sur le clavier -> Y a du monde !!! Sur le terrain il en reste combien ???

    Les production étrangères se foutent bien nos gueules entre une France qui possède un véritable vivier et ce que l'on fait de NOS talents --> des gens enfermé(e)s dans une bulle avec des gonflages d'égo dans l'entourage à faire péter des pneux de Buldozers !!

    Les résultats sont visibles... il ne reste plus que des "aigris", des jaloux qui pour la peine feront subir la même chose au "futurs talents"... C'est le serpent qui se mord la queue !!

    Ils / elles sont bien chanceu(ses)x celles et ceux qui ont réussi(e)s à s'eloigner de notre systeme de MERDE et je ne leur souhaite que du meilleur...

    Naïveté ???? NON !!!
    Stratégie apparente ??? NON !!!

    Dis toi bien que des gens produisent des merdes pour se faire du fric et que les "bons" son généralmement produit par des Labels de MERDE afin que le marché du "fric" soit sauf.... Il y a même des productions qui y gagnent énormément en coulant des bons !!!

    Chronique qui ouvre des débats ?

    L'arène est ouverte !!!



  • JLzeMAN, le 22.04.2011

    PS : Les vraies productions et les pseudos productions et celles et ceux qui se proclament "management" en tout genre n'ont qu'à bien faire leur TRAVAIL et ça ira un peu mieux !!!

     

     



  • Agnostic, le 13.02.2012, 2/10

    J'ai eu beaucoup de mal avec ce disque.

    C'est un grand vide intersidéral, une imposture guitaristique.

    J'ai lu tous les posts, comparer des pointures comme Joe Satriani, Steve Vai et surtout Yngwie Malmsteen avec ce zicos....

    De plus, on sent de forts liens d'amitié entre le chroniqueur et le musicien chroniqué.

    Franchement.





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