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Guillaume Pingard (projet solo-guitariste SentencE)

Guillaume Pingard (projet solo-guitariste SentencE)


                                                                                            

Jusqu’ici on a eu Satriani, Vai, Sean Malone (clin d’œil aux influences de guillaume) et bien d’autres guitaristes (ou bassistes) qui ont marqué l’histoire de la musique. Les traces sont heureusement indélébiles et aujourd’hui encore, nous avons la chance d’avoir des artistes dignes de ce nom pour les entretenir…Après un article pour présenter grossièrement Guillaume P. et son projet solo, je me dois de vous faire partager ce plongeon dans son univers qui est loin d’être pauvre et de manquer de créativité! C’est donc dans un coin tranquille du père Lachaise que nous nous sommes entretenus…
(les notes entre parenthèses sont des ajouts de ma part)

Edwige: Tout d’abord, j’aimerais que tu présentes un peu en tant que musicien, depuis quand pratiques-tu, etc…

Guillaume: Quand j’étais gamin mon père écoutait beaucoup de musique et j’ai baigné dans le Hard Rock. J’ai fais trois ans de piano, et à mes seize ans on m’a offert une guitare sèche. Je suis autodidacte, dès que j’avais du temps libre, je cherchais des partitions qui me plaisaient et je les jouais. Le premier morceau que j’ai su jouer c'est « Les Noces Funèbres ». Mort de rire
Un groupe du village voulait me faire jouer mais la gratte était imposante et trop lourde ! Plus tard j’ai eus plusieurs formations dans tous styles de Metal confondus.
Maintenant j’ai acheté pleins de basses et pleins de guitares, et je me fais mon truc tout seul.

Parle-nous maintenant de ton projet perso, de ses débuts, des idées qu’il y a autour…

J’avais déjà SentencE et un autre groupe entre 2001 et 2003 dans lequel Rémi jouait (membre d’Inwë et chroniqueur ici-même, ingé son). J’avais des riffs qui ne plaisaient à personne ; ils se sont accumulés au fur et à mesure, et je ne voulais pas les laisser mourir. C’est comme ça que c’est venu. Je voulais que ça ait une âme, alors j’ai cherché une idée directrice avant de continuer les compos. Je me suis pris la tête pendant trois quatre mois pour la trouver. Mais le point de départ ce sont ces riffs que j’avais en tête.
Maintenant je n’arrête pas. Je réécoute plusieurs fois en me demandant ce qui irait sans dénaturer le morceau. Je ne compose pas sans trouver l’idée directrice. Cascadia est fait avec émotion, il est très ensoleillé, je suis un bon vivant, c’est les années folles de la jeunesse. Theatralisation, c’est le père Lachaise !
Mort de rire

Quelles sont tes sources d’inspirations ?

J’en ai pas vraiment. J’ai acheté beaucoup de CD, touts styles confondus, Brutal Death, Black, je suis bien calé en Hard Rock, trip hop, (et beaucoup d’autres encore !) notamment Archives, j’aime beaucoup leur façon de faire monter la sauce jusqu’à ce que ça explose.
C’est comme ça que je m’inspire, en écoutant les artistes, des trucs d’il y a vingt ans.
Jason Becker, c’est lui qui m’a le plus inspiré. Des constructions torturées, imprégnées de toutes ses émotions qu’il mettait dans sa musique. J’essaye de retrouver sa démarche.
Alan Parsons a fait un cd sur les contes et légendes d’Allan Poe, avec des idées d’effets comme des sons de cloche ou de flotte, ce qu’on peut retrouver sur Cascadia.
« Out of Time » par exemple a été inspiré par Cynic avec « Texture ». J’avais l’idée directrice, ce qui explique l’image du côté intemporel du morceau.
Je suis aussi un incontournable de Led Zep, et Black Sabbath bien sur.

Quelle évolution pourra-t-on trouver dans le prochain album par rapport à Cascadia et son concept?

On est plus du tout dans le même registre, mais par respect pour ceux qui me suivent, qu’ils soient 10 ou 50, j’essaie d'envoyer pareil. Mais je voulais quelque chose de différent. Theatralisation, c’est une grande énigme, je veux que celui qui l’écoute se dise « qu’est-ce qu’il a voulu dire ce con encore ? »Mort de rire Chacun refait sa pièce manquante de la theatralisation…Alors que sur Cascadia, c’est moi ; je me dis qu’au pire si je décède, je l’ai fait. Thea’ c’est le contre-pied, ce n’est pas vraiment moi, ou c’est une autre partie de moi, la face cachée de l’iceberg qui coule, et c’est ça qui est beau. Dans chaque artiste il y en a une, il se fout à poil, il accepte les critiques des autres…C’est comme ça que je vois les choses.
Pour le moment il y a quatre titres, à peu près quarante minutes de morceaux terminés qui n’ont absolument rien à voir avec Cascadia. C’est vraiment un autre univers.
J’ai aussi évolué musicalement, on a toujours un truc à changer. J’ai compris ça en faisant Cascadia. Du coup mes influences ont radicalement changées, on pourra retrouver des influences américaines avec des dissonances par exemple…cet album est complètement barré ! Dans Cascadia, au milieu de chaque morceau il y a un truc un peu différent, qui n’est pas là par hasard. Echange de deux guitares qui se répondent par exemple. La polyrythmie au centre des morceaux donne un aspect coulant et une image pyramidale, on y trouve un aspect « retour aux éléments ». Il y a un gros paradoxe entre l’esprit construit par le cœur de Cascadia et l’aspect mathématique de Theatralisation et j'essaye de créer un parallèle entre les deux. Aussi, l’un a été écrit à la campagne, l’autre à paris !
Mais quand on écoute les morceaux, il faut aussi s’intéresser aux titres, car ils ne sont pas là par hasard. Ils peuvent être la réponse à l’énigme quelque part.

Projettes-tu d’y incorporer de nouveaux éléments, comme du chant par exemple… ?

Nan pas de chant, ça sert à rien. Il y a l’idée d’animation, par exemple sur le premier titre de Theatralisation on trouve un texte mis à l’envers. Mais le chant, guttural ou autre, ne m’intéresse pas. Sinon il n’y aura pas d’autres instruments, quinze basses ou quinze guitares peut-être !
J’aurais pu mettre du violon pour son aspect classique et doom, mais je ne voulais pas tomber dans le cliché lugubre. Pour l’instant, je ne change rien.

Tu m’as dis que tu voulais garder quelques secrets…Pourquoi c’est si important pour toi d’en avoir ?

Je pense qu’il faut garder une part de mystère, surtout sur cd, sinon ça amène à ne plus l’écouter.  Par exemple, beaucoup de gens me demandent ce que veut dire « 02 23 ».
Oui d’ailleurs ça veut dire quoi ? C’est une date inversée puisque c’est en anglais. Mais ce qu’elle signifie pour moi, c’est personnel !
Mort de rire
Il y a un vécu que j’ai reproduit sur Cascadia qui est jovial et enfantin.

On peut voir contribuer certains membres de SentencE ou autre, est-ce que ça fait parti du partage dont tu me parlais ?

Un partage pour moi c’est : les morceaux sont là, vous pouvez les écouter, voilà. Je n’entends pas gagner du pognon là-dedans.
Matthias (batteur de SentencE) a un gros potentiel, je lui ai laissé carte blanche. Rencontrer des gens ouvre de nouvelles perspectives, comme avec Julia (photosynthese) et les photos qu’elle a faites. Elle nous suit déjà à chaque concert de SentencE. Je lui ai aussi laissé carte blanche. C’est difficile pour eux, mais ils l’ont très bien fait. L’idée du Louvre (voir photos myspace), je n’y aurais pas pensé. Les idées n’ont pas de prix mais méritent d’être exécutées.
Au début j’ai tout enregistré en son clair, puis j’ai rajouté la disto, grâce à Pierre-Jean qui a fait le mix et le mastering. On a rajouté ensemble quelques effets où on voulait, à la maison, tranquilles. Rémi fera le prochain album.
Je compte bien exploiter les artistes qui m’ont épaulé pendant mes concerts, je ne veux pas les laisser dans l’ombre.

Justement, comment prévois-tu tes concerts ? (musiciens, idées d’art…)

Quand je vois des mecs seuls sur scène, j’ai l’impression qu’ils s’emmerdent, et je ne veux pas de ça même si c’est ce que je voulais au départ. Donc je compte monter un groupe, mais juste pour la scène. Je ne suis pas bassiste de base, et un vrai bassiste aurait plus de choses à envoyer, et ça serait plus vivant. Je ne veux pas d’une boîte à rythme non plus. Il faut qu’ils ressentent ce que je veux faire passer.
Mais il faut qu’ils le ressentent aussi !  C’est là toute la difficulté, je ne prendrais pas n’importe qui.
Techniquement, j’aimerais mettre en œuvre l’idée qu’il y a derrière Cascadia et theatralisation, et travailler avec des artistes performers pour faire une sorte de pièce de théâtre avec des jeux de miroir, des projections de diaporamas ou avoir des puppets (marionnettes) qui discutent comme sur le premier morceau, d’y incorporer toutes sortes d’indices. Il y aurait un changement de scène entre Cascadia et Theatralisation car ça ne serait pas le même décor.
Même s’il faut les moyens, avec trois bouts de cartons on peut faire aussi bien que les autres. Mais je veux que les gens soient contents d’avoir payé leur place !

Quel titre t’est le plus cher ?

Il n’y en a pas un que je regrette d’avoir fait, pas un plus perso. Ils ont tous leur thème et leur petit secret à dévoiler. Ils ont tous une part de moi, je n’en n’ai pas de préféré.

Quel avenir espères-tu pour ce projet ?

Je n’espère pas tellement d’avenir. SentencE est plus prioritaire car il me prend déjà beaucoup de temps. Je voudrais surtout monter sur scène, mais je ne cherche rien de capitaliste.

Quelque chose à rajouter ?

Surtout que quand les gens aiment, il faut qu’ils recherchent des indices dans les effets, la musique, etc…Qu’ils profitent aussi du support pour venir me demander quoi que ce soit.
Pour l’instant, je ne recherche personne. Peut-être quand j’aurai plus de temps car je ne veux pas faire les choses à moitié, ni m’éparpiller. Pour le moment, Theatralisation n’est pas fini, j’ai encore des choses à y faire. Sans même m’occuper de la promo, le myspace bouge tout seul, les gens viennent d’eux même à ma grande surprise.
Je veux dire Merci à tous ceux qui ont contribué à l’album et à celui à venir, à Inwë, à toi pour cette interview.

C’est moi qui te remercie de m’avoir accordé du temps! (A noter que les réponses ont été un peu réorganisées, du fait que Guillaume anticipait toutes mes questions !)

Alors pourquoi Guillaume est un artiste digne de ce nom ? Parce qu’il a compris qu’une passion n’avait pas de prix, et que l’argent n’était pas la seule récompense sur terre. Rencontrer des gens aussi ouverts d'esprit est bien trop rare, et cette interview a été un excellent moment de Partage. Soutenir de tels artistes est juste normal pour moi et pour Inwë !


France

Message #727 sur Inwë[B]zine
Auteur :
Abrahel





Ecrit le 11.04.2009
Note des lecteurs : 10/10 (1 notes)

Commentaires :
  • Rémi, le 16.04.2009, 10/10

    Super interview...

    Guillaume "Sweep" est vraiment une personne qui gagne à être connue, musicalement et humainement...



  • Yupi / Hurra !! :), le 16.04.2009

    Hell Yeah !!!

     

    Do you want to die for me Argentina ?! :)



  • H.M, le 24.05.2009

    J'étais passé à côté de cette inteview ma fois fort sympatique, et la musique de Guillaume gagne a etre aprecié...

     

     

     





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