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Nutcase - Melchior

Nutcase - Melchior


Après une chronique et un live report, votre Lotus nationale se devait bien de faire une interview de ses chouchous de l’été, à savoir Nutcase. C’est donc dans les caves tranquilles du Klub, accompagnée de mon fidèle ami le Haricot Magic, que j’ai rencontré Melchior, le batteur de la formation, très sympa et plein d’entrain.

Lotus : Salut à toi Melchior ! Première petite question : Le groupe a été fondé à la Réunion. Pourquoi avoir choisi de venir sur Paris ? Plus de monde et plus développé pour la scène ? Ou bien est-ce que c’est plus pour des raisons professionnelles ?

Melchior : He bien, c’est un peu des deux. A l’époque, à la Réunion, quand nous on a commencé, il n’y avait pas grand-chose et c’était surtout le reggae, la musique locale, qui marchait bien là bas. Le métal n’était en général pas très bien vu. D’ailleurs, on a joué dans un endroit, c’était une espèce de festival, et les gens ne s’attendaient à voir que du reggae. Nous on arrive avec nos guitares électriques, maquillés avec des croix, un peu tailladés aussi et on nous a balancé des trucs. Il y avait un peu de racisme. On ne nous prenait pas pour des créoles car on avait nos guitares électriques. Les flics sont venus nous chercher, on s’est pris des jets de pierre tout ça...

L : Ah ouais ! Sympa quoi !

M : Nan mais ce n’était pas partout comme ça, mais dans cette partie de l’île… L’Est, ce n’était pas pour le rock du tout ! A près, il faut savoir que la Réunion a pour tour 252 km  donc tu vois… tu as vite fait le tour ! Sans faire les prétentieux, on voulait un petit peu plus donc on est venu quoi !

L : D’accord !

M : Maintenant, la Réunion, ça bouge beaucoup plus ! Il y a des groupes de black, de death, etc. Il y a des trucs vraiment cools ! On est allés là bas pour un festival il y a un an ou deux et franchement, ouais, ça bouge beaucoup plus.

L : C’est marrant comme la scène se développe petit à petit. Il y a pleins de coins où avant il n’y avait rien et là ça explose.

M : Oui, là, en ce moment, c’est cool ! Tant mieux ! Les groupes tournent de plus en plus et c’est cool. J’ai mon ancien bassiste, un ancien groupe de la Réunion, lui joue tous les weekends et c’est 400e…

L : Ah ouais quand même ! Non seulement ça explose mais ça rend bien !

M : Ah ouais, ouais ! Des fois ça renverse la tendance ! Je me pose la question : « Putain, je vais rentrer moi ! Je vais faire du rock ! Je vis au soleil, tous les weekends je vais à la plage et en plus je suis payée ! »

L : Sinon, j’ai vu votre petit film promo où on vous voit sur scène. Vous avez l’air d’y attacher beaucoup d’importance et d’avoir un visuel très recherché. Pourquoi cela ?

M : Oui, c’est important. Le chanteur en fait a pris sa grosse claque avec Queen quand il était tout gamin. C’est vrai que c’est extravagant…

L : Oui, un peu grandiose, tout ça…

M : Voilà ! Donc lui a un peu bloqué là-dessus et il a fait aussi du théâtre, tout ça. Donc oui, le visuel, c’est vachement important. On ne fait pas quelque chose de standard, du thrash, du death, etc. On a des chansons qui sont différentes et, à la limite, il n’y aucune identité si tu ne rajoutes pas le visuel qui va avec. Ca fait vraiment partie du truc.

L : Même sur votre promo, vous citez que vous travaillez avec des costumiers, des ingénieurs pour la lumière… Au final, vous cherchez à développer un concept particulier ou c’est le hasard des choses ?

M : Non puisque, comme je te le disais, même à nos débuts à la Réunion on se maquillait déjà.  On veut vraiment faire de la musique avec le visuel qui va avec.

L : Mettre en avant le coté spectacle quoi !

M : Exactement !

L : Justement, puisqu’il y a tout ça à prendre en compte, comment vous préparez vos concerts parce que vous allez de faire des choses assez élaborées?

M : En fait, ça dépend ! Des fois on a la place donc on peut faire un truc intéressant. On faire venir notre lighteux parce que ça rentre dans le truc, puis pour ce qui est des tenues, des fois on répète avec. Ca dépend vraiment de l’espace. De temps en temps, il a un grand sari, il se dessape à un moment donné et il faut savoir que le sari fait 3m. Il faut donc de la place pour mettre ça en valeur. Après, on répète ça dans notre salle de répète. C’est surtout le chanteur qui a plein, plein d’idées. Il arrive, il dit : « Tiens ! On va faire ça ! ». Après, on cherche, on participe tous pour savoir comment on va agencer ça. S’il y en a un qui doit se mettre à poil à un moment donné, ce n’est pas comme ça, en claquant des doigts. Ce n’est pas au feeling, c’est construit.

L : Oui des fois on voit des groupes qui pètent une durite en live et hop…

Haricot Magic (qui se réveille) : Nan là c’est vraiment élaboré en répétition… (Ndlr : Vous noterez la remarque constructive ! lol. Aieuh ! Pas taper !)

M : Oui, en général, on se dit : « Tiens, sur telle chanson, j’enlève mon t-shirt, sur l’autre, je balance une baguette.», en exagérant mais on n’est pas loin du vrai… (Ndlr : Je confirme ! ^^)

L : Oui donc il y a vraiment le coté show. Il n’y a plus beaucoup de groupes qui le font vraiment remarque… Souvent, c’est des gros groupes !

M : Tu vois, c’est donc aussi une question de moyens !

L : C’est vrai que le chanteur a des supers costumes, ça ne doit pas être donné…

M : Il a un costumier attitré d’ailleurs. Il lui prépare ses costumes sur mesure, etc. Puis, il ne lui met pas à chaque fois les mêmes choses quoi ! Des fois, il les fait lui-même aussi…

(Arrive justement Loki, le chanteur ! Grand débat sur la beauté d’Angoulême que, visiblement, les membres de Nutcase ont du mal à situer… Puis, Lotus tente un troc affiche de Nutcase contre Haricot Magic…)

L : Votre chanteur possède ce coté androgyne qui est intéressant aussi bien visuellement que vocalement. Est-ce qu’il veut évoquer quelque chose ? Faire passer un message ? Ou bien est-ce tout simplement son délire ?

M : En fait, je ne suis pas certain qu’il sache si c’est une fille ou un garçon lui-même.  C’est aussi bien un délire qu’un sentiment personnel. Après, ça, c’est à lui de le développer…

L : Je demande ça parce que justement, au début, c’est surprenant mais, au final, c’est super intéressant et ça colle bien avec le visuel du groupe.  Vous le connaissez depuis longtemps ou vous l’avez recruté sur une annonce ?

M : La première fois que je l’ai vu, il avait 5 ans.

L : Ah oui, effectivement, ça remonte à loin ! Il était déjà comme ça, à se tordre sur de la musique ?

M : Il était déjà très speed. Il courait déjà partout mais il ne faisait pas encore de musique ou alors je ne savais pas. Par contre, il ne se posait pas déjà la question de savoir si c’était une fille ou un garçon…

L : Pour parler plus de la musique en elle-même, je trouve que le mélange des voix avec la musique donne à vos compositions une ampleur barrée hallucinante et assez barrée. Comment ça se passe pour composer de tels titres parce que d’un coté ça part dans tous les sens mais ce n’est pas confus pour autant ?

M : Les compositions, c’est assez compliqué des fois mais ça peut-être super simple aussi. On n’a aucune méthode déterminée. On peut arriver avec le gratteux qui a préparé un truc chez lui, chanté dessus, programmé une batterie, puis tiens ça plait à tout le monde et voilà ! Après, il y aura toujours deux ou trois petites améliorations mais ça va partir de rien. Ca peut aussi partir d’un riff de gratte que moi j’emmène. Ca peut naître de bœufs, d’onomatopées du chanteur, etc. On a fait une chanson, je crois que c’est la dernière ce soir, où Loki a fait des cris tordus, des onomatopées, un peu à la Korn…

L : Ah, je ne sais pas, je n’écoute pas du tout Korn…

M : Il fait un truc un peu animal, tribal et tout ça. Il est arrivé en disant qu’il trouvait ça super, puis on en a fait une compo qui n’a rien à voir avec ce qu’il a présenté au début mais c’est repris…

Haricot Magic (Le deuxième réveil) : … de l’élément déclencheur !

L : Par exemple, j’aime beaucoup la chanson « Hide’n Seek ». Pour celle là, ça s’est passé comment ?

M : Alors là… Je ne peux pas te dire parce que ça n’a pas été composé avec moi. Pendant un moment, je n’étais pas là parce que j’avais piscine (Rires) et c’était un autre mec à la batterie. Après, c’est vrai qu’on a quand même pas mal retravaillé la chanson. Les bases sont restées mais on a travaillé surtout les arrangements. Cette chanson là, sans exagérer, chaque coup de cymbale, chaque coup de crash est placé minutieusement…

L : Tout est étudié !

M : Ouais, on a essayé de faire les arrangements les plus fins possibles.

L : Ca s’entend. On sent que c’est super cousu. En plus, je trouve que vous avez un super son ! C’est puissant mais ça reste tout de même mélodieux. Il y a vachement d’harmonie et j’aime bien.

M : Merci !

L : Vous semblez n’avoir aucune frontière musicale : métal, rock, psyché, pop… Je suis curieuse de savoir ce que vous écoutez comme styles de musique au sein du groupe.

M : Alors moi j’écoute du thrash des années 80, avec des groupes comme Exodus, Destruction, etc. Toutes ces conneries là, j’adore ! Slayer, c’est ma religion quoi ! J’adore aussi les vieux papys comme ceux que j’ai vu il n’y a pas longtemps, Heaven and Hell. Voilà, ça, c’est de mon coté. Le bassiste  écoute énormément de musique classique. Il vient de la musique celtique. Déjà, rien qu’à nous deux, ça fait un machin ! Le clavier est plutôt branché brutal et, en même temps, tout ce qui est un peu goth, électro. Déjà, pffiiuu, on multiplie ! Après, tu as le chanteur qui écoute beaucoup de choses. Son plus gros truc, c’est Queen. A eux seuls, ils ont déjà un truc barré. Le gratteux, ben, j’en sais rien… (Rires). Son guitariste de référence, c’est Tom Morello de Rage Against The Machine. A nous cinq déjà…

L : Ouais, entre la fusion, le classique, le thrash, le goth et le machin… Ca fait déjà un beau mélange ! C’est pas mal… Mais du coup, ça fait aussi la richesse du groupe !

M : Ouais, l’autre jour, je suis arrivé avec un riff que j’avais fait à la guitare et, évidemment, ça sonnait thrash des années 80…et ben, ça a finit en reggae ! Il faut suivre quoi !

(Arrivée de Mariata, une violoniste qui a accompagné le groupe pour quelques shows acoustiques.)

L : Du coup, là, vous avez fait la promotion de votre premier EP. Vous avez eu des bons retours ? Des nouvelles de labels ?

M : Pour l’instant, on n’a fait aucun envoi label. On a fait quelques magazines, des webzines et on attendait déjà de voir un peu ces retours là. On attend que le dossier de presse gonfle un peu pour avoir un plus de choses à présenter après. Puis, on voulait se faire un paquet de concerts déjà, sortir un peu de Paris. On a été à Lyon, à Lille…

L : Vous avez fait les Printemps de Bourges aussi. Ca devait être sympa et, du coup, pour le dossier de presse, c’est une bonne chose.

M : Quand on est allé à Bourges, on a été le groupe avec le plus de photos diffusées, pourtant on n’était que « découverte ». On était tous en costard, comme sur l’affiche, pour finir à moitié à poils. On est monté dans les gradins aussi…

L : Forcément, ça a un impact…puis quand tu fais une grosse scène comme ça, il faut en profiter ! C’est le moment !

M : Ouais, c’est clair ! Mais c’était la pression car, pendant les balances, la machine du synthé a cramé. Donc tu fais les balances et, pendant que les autres font leur balance à eux, t’es obligé de trouver un matériel à peu près équivalent. C’était d’autant plus important que c’est lui qui faisait les enchainements donc… la grosse baffe !

Haricot Magic : Et est-ce que vous aviez fait une préparation spéciale justement pour cette date ?

M : Pour Bourges ? A fond, à fond ! Quand tu es « découverte », t’as une demi-heure. Tu choisis bien les chansons, les enchainements, l’ordre, comment tu stoppes ta chanson, les intros au clavier. De toute façon, tous les concerts sont préparés à l’avance, le temps laissé entre les chansons…

L : Du sur mesure quoi !

Haricot Magic : Du professionnel !

M : Je ne sais pas si c’est du professionnel ou du sur mesure mais c’est comme ça qu’on a envie de le faire. On veut faire au mieux qu’on peut…
Je ne sais pas pourquoi je caresse les affiches depuis tout à l’heure moi ! (Rires)

L : Sinon, un petit album de prévu ? Quelque chose de nouveau en préparation ou c’est trop tôt?

M : Non, ce n’est pas trop tôt ! On a super envie, on a suffisamment de chanson mais pas suffisamment d’argent. C’est pour ça qu’on essaie de faire le maximum de concerts, de se faire connaître, de vendre des CDs… C’est pour ça aussi qu’on attend un petit peu avec les labels. Ils ne signent plus beaucoup de groupes qui n’ont pas d’album. Ils ne vont pas investir dans un groupe qui n’a fait qu’un petit truc. Ca peut arriver… mais bon on retient un peu. On va enregistrer deux ou trois chansons avec des productions différentes : une en acoustique, une avec des intervenants qui font du saxophone, peut-être aussi avec Mariate aussi une chanson au violon. Tout ça pour avoir déjà les 3 titres et les trois quatre autres qui viennent se greffer. On veut montrer qu’on a quelque chose, l’album mais pas les sous. Pour le 4 titres, on a travaillé avec Niktus de FFF qui est un super pote à nous, puis c’est le gratteux de Watcha qui a fait le mastering et, les prises de son, c’est l’ancien batteur de mon frère, un réunionnais. Sans eux, on n’aurait pas pu…

Haricot Magic : La présentation du promo est sympa aussi, le petit dépliant…

M : C’est pareil, ça fait partie du truc ! On ne pouvait pas envoyer juste une pochette carton. Là, les gens voient ce que tu as envie de faire et le degré de réflexion.

L : Puis, avoir quelques photos du groupe sur scène c’est bien parce que, avec juste un promo carton, on a la musique certes, mais on se dit toujours : « Qu’est ce que ça va donner sur scène ? ». Là, pour le coup, ça donne vachement envie de venir nous voir !
Sinon, indépendamment de Nutcase, vous avez des projets parallèles ?

M : Le chanteur fait du théâtre. Il travaille de temps en temps pour des mecs qui font du cinéma. Sinon, on l’invite régulièrement pour venir poser des voix car il a une voix un peu spéciale il faut dire. Sinon, le claviériste prépare un projet tout seul et moi pareil. Je fais mon truc tout seul, j’aime bien. Sinon, avec le groupe aussi, en plus des enregistrements, on va faire un clip ou deux. Là, on a tourné il n’y a pas longtemps pour un mec qui fait des films de zombies. J’adore ! On va apparaître dans son film. On joue du Nutcase. On a deux ou trois petits contacts comme ça qui pourraient aboutir sur des musiques de film. On a été contacté par un mec aux Etats Unis pour mettre de la musique sur son film donc c’est cool ! Ce serait dans l’esprit de Lynch. Tous ces trucs là, ça nous intéresse !

L : Vous arrivez à vivre de la musique ou vous bossez quand même à coté ?

M : Nan, on bosse encore à coté. C’est obligatoire mais on a bon espoir ! Sinon, ça ne sert à rien !

L : Bon, j’aime bien finir mes interviews avec une ou deux questions à la con, c’est un peu ma marque de fabrique. Alors, puisqu’on a dans votre groupe le coté un peu androgyne, si tu devais te réincarner en femme, qui serais-tu ?

M : En femme ! Putain… (Rires) Je ne sais pas mais je serais une grosse salope ! Qui est-ce qu’il y a dans les cochonnes ?

Haricot Magic : Bah vise dans les pornos !

M : J’ai un petit coté Katsumi…J’ai un petit faible pour les asiatiques donc heu… Ouais, ouais ! Puis, je la préfère à Hillary Clinton !

HM : On ne sait jamais quand même…un petit coté gouverneur…

(Rires)

M : Sarah Connor aussi mais elle n’a pas un coté très salope…

L : Bon ben voilà !

M : Ah c’est tout ! Je m’attendais à au moins deux ou trois questions cons moi !

L : Ah bah, je peux t’en trouver d’autres si tu veux !? (Rires) Nan mais j’aime bien, ça décontracte…

M : Ouais, puis je suis un grand timide moi ! (Rires) Puis, j’ai mal au bras…

L : J’espère que cette interview t’aura fait tomber la fièvre du bras !

M : Ah j’espère !

(Ndlr : Pour éviter toute digression pornographique, j’ai mis sous censure le passage où Melchior nous parle de ses exercices de guitare et de manche…)

L : Bon, je te laisse finir et dire un mot à nos lecteurs…

M : Videz le (**bip**) quand c’est gratuit !

L: A noter que Melchior est sponsorisé par Velvet Cymbals!

Site Velvet Cymbals

Merci à Melchior pour le temps qu'il nous a accordé et à l'accueil de Nutcase (vraiment sympa).



Message #979 sur Inwë[B]zine
Auteur :
lotus




Ecrit le 21.07.2009


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